L’abbé Joseph Pastisson est né le 10 octobre 1857 dans le village de Restivalgues à Fontanges. Il était le fils aîné de Jean Pastisson et Jeanne Lajarrige. Son père était cordonnier, son grand-père maternel l’était aussi, ses oncles également, une activité familiale, comme pour les chaudronniers, qui amenait les hommes à s’exporter et les femmes à gérer les exploitations agricoles et les enfants en leur absence. Joseph aura un frère, né en 1858, qui reprendra l’activité familiale et une sœur née en 1862 qui ne vivra que quelques mois. Sa mère va se retrouver veuve prématurément, car son époux meurt en Isère en 1864, chez son frère qui s’était installé à Janneyrias dans le Dauphiné. Elle va donc élever seule ses deux fils et on l’imagine jouer un rôle dans la vocation de son fils aîné, tout comme sa scolarité au petit séminaire de Pleaux, d’où sont issus de nombreux prêtres. Une rencontre rapportée par l’abbé Joubert avait par ailleurs marqué le jeune Joseph, âgé de dix ans : il avait vu le père Murat à Salers. Il le décrivit aveugle, marchant dans les rues, conduit par un petit garçon. Tout le monde le saluait et disait « C’est le saint qui passe ». Puis ce sera le Grand Séminaire à Saint-Flour et l’ordination le 19 mai 1883. L’abbé Pastisson sera d’abord vicaire à Vic-sur-Cère et Boisset, puis vicaire de Saint-Géraud pendant 17 ans, jusqu’en 1907. Il est ensuite nommé à la cure de Marmanhac où il va rester 18 ans. Il va s’occuper activement l’école libre et entreprendre d’importantes restaurations dans l’église. S’il n’est pas tombé dans l’oubli, c’est qu’il a mis à profit durant cette période sa passion pour l’histoire locale, qu’il a compulsé minutieusement les archives qu’il avait à sa disposition au presbytère de Marmanhac et en a tiré deux ouvrages importants. Le premier, paru en 1922, est consacré à Roquenatou, à son château (ruiné) et à sa chapelle, objet d’un petit pélerinage encore actif aujourd’hui. Le second, Histoire d’une commune de Haute-Auvergne, Marmanhac, volume de 500 pages, est paru en 1929 et propose une étude historique minutieuse et très complète. S’il accorde une place importante à l’histoire des familles nobles locales, qui lui avaient ouvert l’accès à leurs archives, il n’oublie pas le reste de la société civile, peut-être parce qu’il était lui-même issu d’un milieu d’artisans. Ce travail acharné lui vaudra d’être nommé chanoine honoraire en 1925.

Sa nécrologie, parue après son décès survenu en février en 1935, le décrit ainsi : « Petit de taille, esprit fin, observateur pénétrant et toujours en éveil ». Il termine l’avant-propos de son livre sur Marmanhac ainsi : « Puisse cette modeste monographie faire aimer aux familles la petite patrie, la riche et belle vallée de l’Aultre où ont vécu leurs ancêtres, l’église et son clocher autour desquels s’est déroulée l’existence d’innombrables générations ».

Pascale Moulier

Archiviste diocésain

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