
Nous avons tous notre idée de ce qu’il faut penser des données migratoires internes à l’Europe ou internationales. Mais lorsque les chiffres prennent un visage, une voix, un parcours, c’est le cœur qui s’ouvre. C’est en tout cas le constat et l’expérience qui se sont imposés au prêtre d’Arpajon-sur-Cère et à sa paroisse. Accueillant pour quelques jours -pense-t-il- une famille de réfugiés, le père Frédéric a fait de la place dans son presbytère pour 4 enfants de 7 à 13 ans et leurs parents. C’était il y a 7 ans. S’en sont suivies de longues démarches administratives -impossibles à comprendre pour qui ne maitrise pas la langue- alors que les paroissiens s’attachaient à cette famille, touchés par l’histoire et la présence active des nouveaux arrivants. Car très vite, les parents, Besnik et Marina, ont retourné une partie de la pelouse du presbytère pour y faire un potager dont les fruits de la terre ont été partagés, ils ont été bénévoles dans des associations et les enfants sont devenus servants d’autel puis lecteurs dès que cela leur a été possible. En grandissant, les jeunes ont trouvé leurs voies professionnelles dans l’excellence de la créativité de la cuisine ou de la technicité du bois ou encore de la mécanique… Depuis très peu de temps, grâce à l’implication quotidienne du père Frédéric, le soutien des professeurs, des paroissiens et du diocèse, et enfin l’appui d’une signature humanisante, la famille a pu avoir des papiers. Et c’est avec joie et soulagement que chacun a reçu la nouvelle.
Nous ne sommes pas tous amenés à vivre de telles aventures d’accueil mais nous pouvons tous nous laisser toucher, au-delà des chiffres, par les histoires de ces femmes, hommes, enfants qui décident de quitter leurs maisons pour croire en un avenir meilleur. Car personne ne laisse sa famille et son village pour une vitrine hypothétique, s’il n’y est obligé. Nos noms de famille nous rappellent d’ailleurs que beaucoup d’entre nous ont connu ce déracinement, de quelques dizaines de kilomètres parfois : il y a cent ans, c’était suffisant pour être étranger. C’est notre regard qui écrit l’histoire de nos semblables, ce sont nos rencontres qui changent le monde.
Cette fois-ci l’idée n’est pas aussi simple à mettre en œuvre, comme le dit la conclusion habituelle de nos articles, mais elle peut devenir source de joie dans la simplicité de l’accueil, si l’on veut bien se laisser Inspirer.
Témoignage recueilli par l’équipe diocésaine à l’écologie intégrale
Vous pouvez lire le témoignage du père Frédéric dans l’infolettre provinciale d’Auvergne LaudatoSi, c’est ici :
https://sway.cloud.microsoft/uWmfUEB1ZnBgxkUb?ref=Link
Vous pourrez d’ailleurs vous y abonner selon les consignes données en bas de l’article complet.