
Cadastre napoléonien, 1811. En bleu, l’ancienne église.
Dans le cimetière de Saint-Jacques-des-Blats, on peut voir une jolie chapelle de style néogothique, en pierre de taille, ornée de petits vitraux. Autour de la porte ogivale de l’édicule a été gravée une inscription, presque effacée aujourd’hui, qui rend hommage aux bons pasteurs de la paroisse. Deux plaques nous éclairent sur les occupants des lieux. Il s’agit de l’abbé Louis-Antoine Chiniard, né à Saint-Jacques en 1821, qui officia dans des paroisses de Gironde mais prit sa retraite dans sa paroisse natale comme « prêtre habitué » en 1870. Il meurt le 29 octobre 1885. Sa nécrologie indique qu’il avait conservé pour son pays natal « un culte véritable ». On y dresse un portrait flatteur, ce qui est coutumier dans les nécrologies qui paraissaient dans La Semaine catholique : « Caractère gai, esprit original, plein de verve, cœur d’or, sensible au moindre procédé délicat, généreux parfois jusqu’à l’excès, confiant vis-à-vis de ses amis, d’un commerce sûr et agréable, tel fut monsieur Chiniard ».
L’autre prêtre inhumé dans la chapelle est l’abbé Jean-Antoine Tourseiller, originaire d’Oradour, qu’un hasard fit venir à Saint-Jacques des Blats. En effet, cette rude paroisse de montagne n’était guère attrayante, avec sa petite église plus que vétuste. En 1863, sept prêtres successifs refusèrent la cure de Saint-Jacques des Blats. On fit alors appel à l’abbé Tourseiller, alors vicaire à Paulhenc, qui accepta le poste et s’y investit pleinement.
Profitant des travaux d’aménagement de la voie ferrée, qui eurent lieu entre 1866 et 1867, il fit appel à un architecte d’Aurillac, M. Puech, pour l’édification d’une nouvelle église, aussi imposante que la précédente était modeste. Les travaux furent achevés en 1867, et le mobilier fut commandé à l’atelier Peuch de Saint-Flour, dans le style néogothique, que l’on peut encore admirer aujourd’hui. Nul doute que l’abbé Chiniard dut participer financièrement à la décoration de la nouvelle église.
Le curé bâtisseur, qui resta trente-six ans dans la paroisse, y mourut le 14 septembre 1899 et fut inhumé avec l’abbé Chiniard dans cette jolie chapelle.
Sources : La Semaine catholique, monographie paroissiale de Saint-Jacques-des-Blats, 1912, archives diocésaines.
